Cour de l’hôtel Carnavalet, son pavillon central et ses galeries à arcades
Magazine · Patrimoine

L’hôtel particulier parisien, entre cour et jardin

De l’hôtel Carnavalet à l’hôtel Biron, un même plan a organisé pendant deux siècles la grande demeure parisienne.

La cour de l’hôtel Carnavalet, Paris — Photo : GFreihalter, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Un plan reconnaissable

Le principe tient en quelques lignes. Le logis principal se place au fond d’une cour, à l’écart de la rue. Des ailes latérales accueillent les services, comme les écuries et les cuisines, tandis qu’un corps plus bas ferme la cour côté rue. Derrière le logis s’ouvre le jardin.

Selon Cityzeum, ce plan apparaît à l’hôtel Carnavalet vers 1550. Il reste employé jusqu’au XVIIIe siècle, notamment dans les faubourgs Saint-Germain et Saint-Honoré.

Dans le Marais : l’hôtel de Sully

L’hôtel de Sully en donne une version bien documentée. Le financier Mesme Galet entreprend la construction en 1624, sans doute sous la direction de Jean Androuet du Cerceau. Trois corps de logis entourent une cour rectangulaire ; le logis principal ouvre sur une terrasse, un jardin et une orangerie, jusqu’à l’angle de l’ancienne place Royale.

Gravure ancienne montrant l’orangerie de l’hôtel de Sully et son jardin
L’orangerie de l’hôtel de Sully, gravure d’Israël Silvestre — Image : Israël Silvestre, graveur, Wikimedia Commons, CC0

La demeure évolue avec ses habitants. Le duc de Sully l’acquiert en 1634. En 1651, son petit-fils demande à François Le Vau de revoir la distribution des pièces, et une petite aile est bâtie en 1659-1660 pour agrandir les appartements du duc et de la duchesse.

Rue de Varenne : l’hôtel Biron

Un siècle plus tard, l’hôtel Biron montre le modèle sous un autre visage. Commencé en 1727 pour Abraham Peyrenc de Moras et dirigé par Jean Aubert, il associe des lignes classiques à un décor rocaille. Le musée Rodin le décrit comme une demeure pensée à la fois comme maison de ville et résidence de campagne.

L’hôtel Biron au fond d’une longue allée de pelouse, entre les massifs du jardin
L’hôtel Biron vu du jardin — Photo : Erik Drost from United States, Wikimedia Commons, CC BY 2.0

Des demeures aux nouveaux usages

Peu de ces maisons sont restées de simples résidences. L’hôtel Biron passe de la famille du maréchal à une congrégation enseignante, puis à des locataires artistes, avant de devenir le musée Rodin en 1919. L’hôtel de Sully, acheté par l’État à partir de 1944, accueille ensuite la Caisse des monuments historiques, devenue le Centre des monuments nationaux.

À l’échelle du quartier, le tournant vient de la loi du 4 août 1962 sur les secteurs sauvegardés. Le secteur du Marais est créé en décembre 1964, puis étendu en 1965 à 126 hectares. Il protège aujourd’hui le cadre de plusieurs de ces demeures.

Sources

  1. Cityzeum, L’hôtel de Sully — cityzeum.com
  2. Centre André-Chastel (Sorbonne Université), Hôtel de Sully, notice historique — centrechastel.sorbonne-universite.fr
  3. Musée Rodin, The hôtel Biron — musee-rodin.fr
  4. Ville de Paris, Plan de sauvegarde et de mise en valeur du Marais, rapport de présentation — cdn.paris.fr

Page publiée le ; sources consultées à cette date.

Une erreur ? Signalez-la à la rédaction.

Dans ce dossier

Propriétés citées

Paris : la destination   Le Magazine